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Paroles de délégué-e-s
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| Témoignages, impressions, réflexions des participants au Forum social mondial de Bamako |
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| Moussa Camara |
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de l'association Citoyens ensemble - Saint-Denis-Guidimaka et délégué issu du Forum Social d’Aubervilliers :
"Nous revenons plein d’espoir car ce forum social, qui est un lieu de participation par définition, nous renforce dans l’idée qu’un autre monde est possible, un monde plus juste, où l’argent ne dicte pas tout, où les moins riches peuvent décider de leur sort."
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| Jean Michel Delage |
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photographe, Forum Social Local de Saint-Denis
"Pour la première fois, a contrario des FSE, les populations les plus concernées par les ravages du néolibéralisme ont participé aux conférences, séminaire et ateliers."
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| Anna Pizania et Gabriele Napoli |
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professeurs, organisatrices du débat sur les lycéens sans papiers, membres du FSL de Saint-Denis :
"Nous avons établi des contacts avec d’autres associations et rencontré les familles de certains de nos élèves que nous soutenons dans leur démarche. Ce séjour nous a permis de comprendre les causes de l’immigration."
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| Abdoulaye Saw |
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association Niangana Thiedel, délégué issu du Forum Social d’Aubervilliers :
"Je suis allé à Bamako pour discuter des relations Nord-Sud, de l’immigration avec ses causes et ses conséquences pour le pays d’origine, pour dire aussi que nous migrants nous aidons au développement d’Aubervilliers, de Plaine Commune et de la France.
Suite à Bamako nous avons aussi fait un Forum Social dans mon village au Sénégal. Nous voulons que le monde et l’Afrique changent pour que le drame des jeunes migrants de mon village disparus l’année dernière en Méditerranée pour venir en Europe n’arrive plus jamais.
Oui, Europe et Maghreb doivent être solidaires de l’Afrique. Il ne faut pas que le Maghreb deviennent le sas de l’Europe."
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| Coumba Soukouna |
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association des Belles Dames, déléguée issue du Forum Social d’Aubervilliers :
"Le Forum Social Mondial m’a montré que le rapprochement des peuples est possible. C’est très utile pour ceux qui combattent le racisme de voir tous ces délégués venus d’Europe et d’Afrique réfléchir et agir ensemble pour faire avancer tout le monde.
Ce qui m’a surtout intéressé ce sont les droits de l’enfant et des femmes. C’est un souci pour moi en France à travers mon action dans mon quartier et mon association.
Je veux que nos enfants ne souffrent plus du racisme, qu’ils puissent s’enrichir de notre culture et, pour l’avenir, qu’ils trouvent une place dans la société ici ou là-bas pour participer au plus haut niveau au développement du pays.
Ce qui est aussi très important pour l’avenir du Mali c’est que tous les enfants soient scolarisés et plus dans les rues de Bamako."
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| Kathalyne Belair |
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Comité d’Initiative du Forum Social d’Aubervilliers :
"Lors du FSM à Bamako, des échanges ont à nouveau démontré que l’utopie d’un monde solidaire peut être concrétisée.
Des délégués d’Aubervilliers, des villages de Boully en Mauritanie, de Dindinaye au Mali et de Niangana Thiedel au Sénagal se sont retrouvés à Bamako dans la délégation d’Aubervilliers puis dans chacun des villages à travers des forums sociaux locaux.
Les délégués ont dénoncé les conséquences dramatiques des logiques poursuivies par les puissances qui dirigent le monde sans les populations et dans l’intérêt de quelques-uns. Les villageois dans ces forums sociaux locaux africains nous ont aussi expliqué et montré comment ils tentent de résister à travers des initiatives portées par les migrants et les villageois.
Le Forum Social Mondial met en lumière toutes ces initiatives citoyennes et associatives, initiatives qui sont souvent dans l’ombre, peut valorisées et parfois dénigrées alors qu’elles sont essentielles pour la survie de millions de personnes.
Le Forum Social Mondial c’est aussi affirmer que l’humanitaire à des limites car il faut transformer la situation et pour cela changer les logiques qui gouvernent le monde pour permettre à chaque être humain d’accéder à ses besoins et d’exercer ses droits fondamentaux.
A Bamako ou dans les villages, c’est une attente forte de justice sociale et de dignité pour tous qui s’est exprimée."
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| Doulo Fofana |
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association boullyenne pour le développement et l’insertion, délégué issu du Forum Social d’Aubervilliers :
"Mon objectif était de comprendre et de participer à la compréhension des problèmes que les migrants rencontrent pour faire reconnaître leur apport dans le développement du pays d’origine et dans celui d’un pays d’accueil comme la France.
Lorsque l’on cherche à valoriser les migrants, et c’est plutôt rare, ils sont considérés souvent et uniquement par leur contribution à la richesse économique du pays d’origine et du pays d’accueil.
Cette contribution est forte mais elle n’est pas la seule et l’on voudrait nous y enfermer. Les migrants ne sont pas seulement des agents économiques qui assurent le développement d’un pays.
Nous migrants nous souhaitons avoir toute notre place dans la société d’origine et dans la société d’accueil pour contribuer avec les non-migrants à la conception même du développement du local au mondial.
La question de l’égalité des droits dans la société d’accueil est déterminante pour pouvoir être réellement acteur de la conception de son développement y compris au plus haut niveau.
Bamako a été l’occasion d’aborder comment les migrants s’organisent, revendiquent puis conquièrent avec l’appui des non-migrants cette égalité des droits, cette citoyenneté entière.
Cette question est également posée dans l’organisation même du FSM. Il faut convaincre partout y compris au FSM qu’un autre monde est possible seulement si migrants et non-migrants le conçoivent puis le construisent ensemble."
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| Néné Diawara |
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association des ouest-africains, déléguée issue du Forum Social d’Aubervilliers
"Le thème de l’immigration m’a intéressé. Surtout les échanges pour la préparation de l’atelier de la délégation d’Aubervilliers sur la place des migrants dans le développement de leur village d’origine et ce qu’ils apportent en France.
J’ai aussi été très intéressée par un atelier sur les médicaments car la santé et l’accès aux soins n’est pas encore un droit dans beaucoup de pays africain. C’est pour cela que dans certains villages les migrants et les villageois construisent des dispensaires sans aide de l’Etat. C’est débrouillez-vous avec vos malades !
Je suis encore plus convaincue qu’il faut développer la solidarité entre le nord et le sud. Il faut avoir plus de dialogue ici en France entre les migrants et les non-migrants pour agir là-bas.
C’était évident à Bamako que ce dialogue, cette solidarité entre migrants et non-migrants peut faire bouger des montagnes, peut faire changer le monde. Mais à mon retour en France j’ai vu qu’il y a trop de méfiance. Il faut apprendre à se connaître, à connaître et s’enrichir de l’autre, de sa différence."
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| Demba Diabira |
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association Aide et Action pour Dindinaye, délégué issu du Forum Social d’Aubervilliers :
"J’ai appris beaucoup dans ma participation au Forum Social Mondial et au Forum Social Local dans mon village. Au départ je ne savais rien du Forum Social Mondial, de son importance et du rôle qu’il joue dans le monde.
C’est seulement quand je suis arrivé avec la délégation dans le parc du Palais de la Culture de Bamako pour récupérer le badge d’entrée que j’ai commencé à comprendre que c’était quelque chose de vraiment important.
Avec les délégués de mon village, que le Forum Social d’Aubervilliers a aidés pour qu’ils voyagent jusqu’à Bamako, ensemble, migrants et villageois, nous avons pu présenter le projet de notre association Aide et Action pour Dindinaye.
Nous avons parlé de la construction de notre école, du projet de la bibliothèque et du projet d’accès à l’eau pour l’école et pour le village… Tout cela était en lien avec les thèmes du FSM."
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| Assa Gassama |
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Association Citoyens Ensemble Saint-Denis-Guidimaka, déléguée issue du Forum Social d’Aubervilliers et du groupe FSM Bamako – Plaine Commune :
" Je ne connaissais pas le Forum Social Mondial. Cette rencontre des hommes et des femmes qui luttent, des jeunes qui résistent à travers le monde et le continent africain, a été aussi une découverte très importante dans ma vie.
Par exemple l’atelier sur la place des femmes a été une grande leçon. Les femmes qui y étaient rassemblées pour exposer leurs initiatives ont une vraie rage de se battre pour l’accès aux droits élémentaires pour toutes et tous. Elles se battent, elles se regroupent.
Elles n’ont pas beaucoup de moyens, pas d’argent non plus et des tonnes de galère. Mais il y une telle solidarité entre elles qu’elles peuvent gagner leurs combats.
Elles ont pu me transmettre une énergie qui un mois après mon retour en France m’aide beaucoup dans ma vie de tous les jours et dans la construction de mon projet».
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