
I.Simon/DR
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Je voudrais tout d’abord saluer votre présence importante à tous ici pour cette journée de contribution au débat national du Grenelle de l’Insertion. Vous êtes nombreux aujourd’hui dans la salle, acteurs de terrain travaillant au jour le jour aux côtés des personnes éloignées de l’emploi et votre présence est le signe de votre mobilisation et de votre implication professionnelles et militantes pour faire la guerre au chômage et à l’exclusion. Je dis bien la guerre au chômage et à l’exclusion car aujourd’hui, certains ont tendance à faire la guerre aux pauvres, aux chômeurs, à toutes les personnes qui sont privées de droits et de dignité dans notre société. L’insertion est un débat de fond. Il ne faut pas que les logiques gestionnaires prennent le pas sur la nécessité d’appréhender, plus encore dans ce secteur qu’ailleurs, la femme, l’homme dans toutes ses dimensions. La femme, l’homme qui reprennent le chemin vers l’emploi est aussi un parent qui a besoin de confier la garde de ses enfants dans la sérénité, une personne qui a besoin de soins de santé, de loisirs culturels et sportifs, une personne qui le plus souvent se déplace en transports en commun, qui doit se loger décemment. Aussi, la question de l’insertion ne peut pas se penser sans une réflexion et une bataille pour des services publics pour tous. Nous ne pouvons pas non plus ne pas évoquer la question des discriminations dont souffrent les femmes et les hommes de notre département. Cette question est centrale. Le regard porté sur les habitant-es des quartiers populaires doit changer aussi pour que le chemin vers l’emploi soit possible. De plus, l’insertion n’est pas un sous-marché du travail qui échapperait aux règles du travail de droit commun. C’est une perspective d’avenir pour des personnes dont les droits doivent être respectés. Ceci est essentiel, d’une part, pour lutter contre ce phénomène surréaliste de notre société contemporaine : les travailleurs pauvres et, d’autre part, pour faire que le premier pas vers l’emploi soit un pas de confiance et non un faux pas qui abîme encore plus la personne. Enfin l’insertion c’est aussi un secteur riche d’acteurs divers et passionnés : associations, coopératives qu’il faut aujourd’hui consolider, renforcer, soutenir ans la durée pour une action efficace et libérée des angoisses de gestion et des contraintes administratives, pour une action concentrée sur l’accompagnement des personnes. Je vous souhaite à toutes et à tous des travaux fructueux pour votre contribution au Grenelle de l’Insertion.
Patrick Braouezec Député de Seine-Saint-Denis Président de Plaine Commune
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